En Bourgogne, le secteur du bâtiment représente 45% des consommations d’énergie finale et 21% des émissions de gaz à effet de serre (chiffres 2005).
Pour limiter l’ampleur du changement climatique et rétablir son équilibre sur Terre, le gouvernement français à pris l’engagement de diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 par rapport à 1990.
Il s’agit du Facteur 4, qui se traduit notamment par un durcissement des réglementations concernant la performance thermique, énergétique et environnementale des bâtiments.
L'équilibre climatique est la capacité que possède notre Planète à absorber une partie des émissions anthropiques de gaz à effet de serre, c'est-à-dire à fixer ce carbone présent dans l'atmosphère. Ce rôle est essentiellement joué par les masses d'eau (océans, mers…) et les végétaux (forêts, cultures, sols…).
Comme un habitant des pays industrialisés participait en moyenne au rejet de 2 tonnes de carbone par an en 1990, soit 7,2 tonnes d'équivalent CO2 par an, et que notre Planète peut absorber environ 3 milliards de tonnes de carbone par an, l'équilibre climatique se traduit par un rejet individuel maximal "autorisé" de :
Pour respecter les différents accords internationaux qu’elle a signés, et suite au Grenelle de l’environnement (loi n° 2009-967 du 3 août 2009), la France a pris des engagements forts en matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du bâtiment : la route est ainsi tracée jusqu’en 2020 pour atteindre le Facteur 4 en 2050 !
Pour définir les priorités du programme, il sera tenu compte du niveau de charges payées par les locataires, du niveau de la consommation annuelle et de l'importance des économies envisagées.
Années Logements sociaux à rénover | 2009 40 000 | 2010 60 000 | 2011 à 2020 70 000/an |
Promulguée le 12 juillet 2010, la loi n° 2010-788 portant engagement national pour l’environnement dite « Grenelle 2 » est un texte d’application du Grenelle de l’environnement et de la loi n° 2009-967 du 3 août 2009, qui décline pour six domaines majeurs les objectifs entérinés par le premier volet législatif.
Pour le domaine « Bâtiment et Urbanisme », la loi « Grenelle 2 » prévoit notamment une modification notable du Code de la Construction et de l’Habitation, ainsi que des Codes de l’Urbanisme et de l'Environnement, de manière à ce que la performance énergétique et la qualité environnementale soient de mieux en mieux prises en compte dans les constructions neuves et les opérations de rénovations.
Pour accéder à la liste des textes (ordonnances, décrets, arrêtés et articles de lois ou de codes) publiés ou en cours de préparation dans ce domaine, cliquez ici.
Le principe d'amélioration de la performance thermique et énergétique des bâtiments repose sur les fondements mêmes de la démarche négaWatt, initiée par l'association qui porte le même nom.
Ces fondements sont simples et reposent sur 3 principes de base dont l'ordre à respecter est le suivant :
Les bâtiments basse consommation énergétique (BBC), dont la promotion et le développement sont assurés par l'association Effinergie, sont des opérations pour lesquelles le niveau de consommation énergétique prévisionnel est inférieur à un seuil spécifique.
Pour les logements, ce seuil est différent en fonction du type de réalisation :
Ces seuils sont modulés en fonction de la zone climatique et de l'altitude. Pour la Bourgogne, les valeurs maximales à respecter sont les suivantes :
Pour les bâtiments non résidentiels, ce niveau de consommation énergétique prévisionnel, par rapport à des bâtiments de référence, doit être réduit de :
Les usages concernés sont :
A ces usages, il est possible de soustraire la production d'électricité à demeure, et notamment le solaire photovoltaïque jusqu'à un certain niveau en ce qui concerne les référentiels BBC-Effinergie®.
Les consommations d'énergie sont calculées et affichées en énergie primaire.
En France, les coefficients multiplicateurs pour convertir de l'énergie finale - consommée au(x) compteur(s) ou sur site - en énergie primaire sont les suivants pour des opérations à basse consommation énergétique :
La surface de référence est la Surface Hors Œuvre Nette (SHON), surface utilisée pour les différentes réglementations thermiques et les labels-certifications de haute performance énergétique. Pour en savoir plus sur la SHON, cliquez ici.
Depuis le 28 octobre 2011, soit la date de mise en application de la RT 2012, la SHON est remplacée par la nouvelle Surface Hors Œuvre Nette au sens de la Réglementation Thermique (SHONRT).
Pour réaliser et obtenir un bâtiment basse consommation énergétique, il faut tout d’abord s’attacher à respecter l’ordre des points suivants :
Cependant, la conception et la réalisation d’un ouvrage basse consommation énergétique ne se résume pas à la seule prise en compte de ces points.
La réussite d'un projet est également fortement conditionnée à l'engagement initial et total du maître d'ouvrage, ainsi qu'à la qualité des compétences des professionnels du bâtiment.
Le coût global d’un bâtiment basse consommation énergétique est généralement moins élevé que celui d’une construction classique, dans la mesure où les économies de fonctionnement réalisées viennent progressivement compenser un investissement initial supérieur de 5 à 15%.
De plus, il existe certaines aides et mesures fiscales qui peuvent permettre au maître d’ouvrage d’augmenter sa capacité financière à étudier, à investir…
* Ce point est rarement pris en considération dans les opérations de rénovations car il est plus difficile de modifier la structure du bâti : orientation, système constructif, etc.
Outre les bâtiments basse consommation énergétique, il existe deux autres concepts pour une performance énergétique optimale des bâtiments :
Pour les bâtiments à énergie passive, il s'agit de ne pas dépasser un certain seuil de besoin en énergie pour le chauffage. Par exemple, en Allemagne, il ne faut pas, entre autres, dépasser 15 kWh d'énergie utile par an et par mètre carré de surface chauffée pour obtenir le label Passivhaus®.
En France, le Grenelle de l'environnement (loi n° 2009-967 du 3 août 2009), qui va imposer des constructions neuves BBC dès novembre 2011 (initialement prévu le 1er janvier 2011, puis le 1er juillet 2011) pour les bâtiments publics, tertiaires et ANRU (programme de rénovation urbaine de 2003), et au 1er janvier 2013 pour tous types de bâtiments, a introduit cette notion de bâtiments à énergie passive dans son article 4 : "[…] Afin de garantir la qualité de conception énergétique du bâti, la réglementation thermique fixera en outre un seuil ambitieux de besoin maximal en énergie de chauffage des bâtiments […]".
Pour réaliser un bâtiment à énergie passive, neuf ou rénové, le principe est assez simple. Il suffit d'appliquer les mêmes règles que pour une démarche BBC (Bâtiment Basse Consommation énergétique), en insistant sur la conception (bio)-climatique et sur la performance thermique. Ce dernier point nécessite de réduire au maximum les déperditions de chaleur sur l'enveloppe de l'ouvrage et sur son renouvellement d'air intérieur, notamment en termes d'infiltrations d'air parasites (étanchéité à l'air de l'enveloppe de qualité et contrôlée).
En ce qui concerne les bâtiments à énergie positive, qui seront la norme au 1er janvier 2021 pour toutes les constructions neuves, la loi Grenelle I a également introduit cette notion dans le même article 4 : "[…] sauf exception, une consommation d'énergie primaire inférieure à la quantité d’énergie produite dans ces constructions à partir de sources renouvelables, et notamment le bois-énergie […]".
Pour réaliser un bâtiment à énergie positive, neuf ou rénové, le principe repose sur un bâtiment de niveau BBC, et surtout BEPAS, auquel est ajoutée une production d'électricité à demeure, à partir de source(s) d’énergie renouvelable(s), pour compenser au minimum les consommations énergétiques résiduelles.
Au final, le bilan prévisionnel des consommations énergétiques de l’ouvrage - calcul réglementaire en énergie primaire - doit être inférieur ou égal à 0.
La certification n'est pas une fin en soi. Mais elle a le grand mérite d'encadrer et d'optimiser le projet en termes de qualité et de performances souhaitées par le maître d'ouvrage.
Qu'il s'agisse de logements ou de bâtiments tertiaires, neufs ou rénovés, il existe deux arrêtés pour réglementer les labels Haute Performance Energétique (HPE) dont le niveau BBC :
Dans ce cadre, des conventions ont été passées entre l'Etat et des organismes de certification pour l'attribution de ces labels. Elles sont résumées dans les tableaux suivants :
Pour les bâtiments basse consommation énergétique, il existe des référentiels techniques de certification qui s'appuient en partie sur les arrêtés "HPE-Niveau BBC" précités et qui ont été développés par l'association Effinergie.
Ces référentiels techniques de certification sont les suivants :
Il existe 4 organismes certificateurs pour les labels BBC-Effinergie® :
Chacun de ces organismes certifie une opération à la fois. Le coût de certification varie de 400 à plus de 2 500 € HT pour les opérations de logements et il est de l'ordre de 11 000 € HT pour les bâtiments tertiaires. A ce coût, il faut ajouter au minimum un test d'étanchéité à l'air dont le prix oscille entre 500 et 1 500 € HT. Pour les opérations de rénovations, il faut également prendre en considération d'éventuels coûts supplémentaires de diagnostic/audit énergétique.
A noter : la certification "Bâtiment Basse Consommation énergétique" des maisons individuelles peut donner droit à certains avantages fiscaux tels que PTZ+, réduction de la taxe foncière et investissement locatif Scellier. Dans ce cas précis, CEQUAMI et PROMOTELEC assurent ce service.
C'est un référentiel proposé par l'association Effinergie aux régions qui souhaitent lancer des appels à projets BBC+ et BEPOS.
Pour accéder à ce nouveau référentiel en faveur des bâtiments très basse consommation énergétique ou à énergie positive, cliquez ici.
En annexe, est spécifié la possibilité de s'approprier la RT 2012 de manière à calculer les coefficients "Bbio" et "Cep" d'un projet sans déduction de la production d'électricité à demeure. Selon ce même référentiel, ces coefficients doivent être 20% inférieurs aux coefficients "Bbiomax" et "Cepmax" de ladite RT 2012. Les calculs réglementaires de ces deux coefficients "max" peuvent être facilement obtenus au moyen de l'outil RT 2012 développé par Bourgogne Bâtiment Durable.
L'association Effinergie a beaucoup œuvré dans le cadre du Grenelle de l'environnement pour que la nouvelle Réglementation Thermique (RT 2012) soit ambitieuse et se cale sur le label BBC-Effinergie®.
Maintenant que la RT 2012 entre progressivement en application, l'association Effinergie a travaillé à des nouveaux labels en adoptant une vision plus large de l'impact énergétique d'un bâtiment.
Comme les notions de bâtiments à énergie passive et à énergie positive sont de plus en plus abordées, c'est dans ce contexte là que l'association Effinergie se place désormais.
Pour cela, l'association Effinergie lance :
Ces nouveaux labels ont vocation à relancer l'expérimentation et faire émerger des nouveaux équipements et des nouvelles techniques. Le souhait de l'association Effinergie est que ce soit une préfiguration d'un label d'Etat donnant lieu à des avantages fiscaux.
Pour accéder à des informations plus précises sur ces nouveaux labels, cliquez ici.
En France, il est également possible de faire certifier son bâtiment (très) basse consommation énergétique à partir d'autres labels européens :
Il est assez intéressant de comparer ces différents labels - BBC-Effinergie®, Passivhaus® et Minergie® - car ce ne sont ni les mêmes seuils de consommation, ni les mêmes coefficients de conversion en énergie primaire, ni les mêmes surfaces de référence, ni les mêmes usages énergétiques qui sont pris en compte.
Pour accéder à ce comparatif, cliquez ici.
Remarque : pour les labels Minergie® d’origine suisse, les calculs thermiques nécessaires aux certifications délivrées sur le territoire français sont conformes à la réglementation thermique française.
** La SAS PRESTATERRE peut également certifier des logements neufs, individuels ou collectifs, pour l'obtention d'un autre label français "BBC" : Label BBC-PRIORITERRE®.
Vous pouvez télécharger ici quelques ressources qui présentent la démarche de bâtiments basse consommation énergétique :
ou accéder à des systèmes d'information de référence en la matière :
Pour tout savoir sur la Réglementation Thermique 2012, cliquez ici.
Pour télécharger l'outil permettant de déterminer les coefficients Bbiomax et Cepmax, cliquez ici.
L’ADEME et le Conseil régional de Bourgogne ont édité en 2009 des documentations sur les bâtiments bourguignons économes en énergie, essentiellement à destination des particuliers :

Dans le cadre du Programme Energie-Climat, les aides régionales sont les suivantes :
Enfin, pour accéder à une base de liens internet sur les incitations financières, notamment consacrée aux logements, cliquez ici.
Pour accéder aux opérations exemplaires (très) basse consommation énergétique en Bourgogne, cliquez ici.
Pour accéder à une liste d’outils-logiciels d’éco-conception des bâtiments, régulièrement mise à jour, cliquez ici.